Un apperçu de nos voyages en camping car, mais aussi de nos autres loisirs: vitrail, fusing, photo, dessin, cuisine...
Nous nous sommes gorgés de soleil 1 journée complète à Foum El Oued, il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire.
Puis nous commençons la remontée, d’abord vers Laayoune. Un troupeau de dromadaire traverse la route devant nous, sans se presser : ils étaient peut être comme nous en vacances ! Plus loin, on retrouve les dunes qui « mangent » la route, une superbe 4 voies, mais cette fois, nous sommes du bon coté car le vent vient de notre gauche. En arrivant à Laayoune, on aperçoit de bizarres lignes vertes sur les dunes : ce sont des grillages plastiques censés ralentir l’avancée du sable.
La ville est propre, moderne, pleine de jardins (fermés au public), de plantations, de bâtiments officiels… et riche : beaucoup de militaires, gendarmes, fonctionnaires à cause de la proximité des sahraouis, qui bien que favorisés par le roi n’ont pas tous renoncés à l’indépendance. Nous avons croisé nombre de 4x4 UN, les casques bleus sont toujours là. Ce n’est pas ce que nous sommes venus chercher au Maroc, c’est trop calqué sur nous !
En sortant, on voit que la ville est aussi menacée par le sable au nord de l’oued.
Ensuite, on avale les Kms. La route est belle, un peu étroite, vent de côté. En croisant un camion très haut, on entend un bruit inquiétant sur le toit et je vois un câble qui vole au vent sur le coté du CC : on stoppe, c’est le panneau solaire qui s’est envolé !!! Demi-tour, on le récupère gondolé, les pattes de fixation cassées, la vitre sécurit explosée… Ce n’est pas le bon jour !
Un peu plus loin, contrôle de la gendarmerie royale (vous pouvez voir à droite de la photo entre les 2 biroutes, la herse qu’ils peuvent tirer si on force le passage : ça ne rigole pas). Sur ce barrage, en plus des panneaux de ralentissement, il y a un panneau stop au sol sur le trottoir ! J’ai dû le passer à 5 km/h et un jeune gendarme m’a fait garer. Papiers. Discussions sans succès jusqu’à ce que le CHEF arrive et que magnanime, pour ne pas décourager les gentils touristes comme moi, change la contravention en 3éme catégorie soit défaut de port de ceinture, ce qui coûte 300DH (27€) au lieu des 700DH (63€) pour un stop. C’est mieux que si c’était pire, mais décidément, ce n’est pas le bon jour !
On passe Tah qui était la frontière Maroc / Sahara espagnol avec un monument commémorant les visites de Hassan I et II
Puis on arrive à Tarfaya, point de départ de la marche verte en 1975, « reconquête » du Sahara. Sur la plage, un BREGUET biplan stylisé (et réduit) décolle vers l’Atlantique et commémore les pionniers de l’aéropostale (Daurat, Mermoz, St Exupéry, Guillomet…) Qui ouvrirent la ligne Toulouse – Rabat, puis St Louis du Sénégal avant de rejoindre l’Amérique du sud et la cordillère des Andes en 1926. Tout à côté, Casamar, un petit fortin en mer édifié par un anglais au XIXe.
On voit ensuite que les voyages en bus ne se font pas les mains vides : le volume des bagages est impressionnant ! Les habitants des villages ne doivent pas faire les courses très souvent vu les distances entre les villes.
La route est un peu (beaucoup dirait M Christine) monotone ! Au détour d’un virage, on découvre des salines à pertes de vue, puis c’est à nouveau le désert de pierres, avec des buissons rabougris. Puis les falaises avec les cabanes de pêcheurs. Enfin, l’oued Chebika, une belle lagune séparée de la mer par un cordon dunaire, entourée de falaises.
Coté oued, une centaine de flamants roses avec une position bizarre : ils ont tous la tête dans le C.. !
On arrive enfin à El Ouatia, Tan Tan Plage. On part se dégourdir les jambes après toute cette route et on est attiré par une dame très souriante qui tient un petit restaurant « typique ». On discute un peu, on lui prend une crêpe et un gâteau de semoule fine, et on réserve pour le lendemain midi un tajine poulet pour M Christine et un couscous bœuf pour moi.
Vers midi et demi, on nous installe une petite table au soleil. Le mari apporte un énorme tajine, on pense qu’il y a méprise ! Non nous dit le Mr, il y a bien un couscous qui arrive : Je pense qu’avec ces deux plats, nous aurions mangés à 6 personnes sans problème ! On a fait honneur au plat et même encore plus que ça et malgré tout, il est resté presque la moitié de chaque.
Pendant que nous nous étions rapprochés des propriétaires pour prendre le thé et discuter avec eux, deux personnes qui visiblement ne mangeaient pas à leur faim, se sont installées à nos places et ont terminés nos deux plats, avec la bénédiction des patrons ! De l’impensable chez nous !! Mais, comme ils disent "c'est pas bien de gâcher quand il y en a qui ont faim". Une belle leçon...
Nous avons discutés un bon moment avec eux et leurs filles de 13 et 18 ans.
Le papa est pêcheur, a 53 ans ne peut plus travailler, la maman tient ce restaurant (ou nous étions ses seuls clients) pour subsister, les filles sont au collège et au lycée. Les 3 femmes parlent français couramment, le papa comprend mais s’exprime plus difficilement.
On a abordé pas mal de sujets : l’islam qu’ils pratiquent assidûment mais avec un esprit ouvert et tolérant, le mariage pour les jeunes femmes: Hanane pense se marier avec un gentil garçon qu'elle choisira (On lui souhaite beaucoup de bonheur), la pauvreté bien présente dans ce pays ou les aides sont inéxistantes …
C’est la plus belle rencontre que nous ayons fait au Maroc, on aimerait retrouver plus souvent chez nous des gens aussi « bons » et désinterressés. Nous sommes repassés le soir pour déposer quelques vêtements et pendentifs en verre fusés que M Christine portait peu, j’ai promis d’envoyer copies des photos par la poste à Hanane, la jeune fille dont on oubliera pas le sourrire (si tu passes sur le blog, Hanane, laisses moi un petit commentaire).
Si l’un d’entre vous passe près de Tan Tan Plage,faites un détour et ne manquez pas de vous arrêter au café 21, chez Mme KAZEDAR, vous ne le regretterez pas !